Première réflexion autour du carnet de voyage, en quête d’une définition : à propos de la « vision » dans le carnet de voyage, généralités de principe .

"Al recibo" Technique mixte, Alain MARC, extrait du carnet d'Andalousie 2006
Une multitude d’expressions s’est emparée depuis les précurseurs des carnets de voyages de cette démarche créative qui réunit autour des arts graphiques, toutes les affirmations du genre .
Les rayons des libraires débordent d’ouvrages consacrés à cette thématique, et les salons spécialisés fleurissent dans la mouvance de l’engouement suscité par les grands maîtres de la catégorie .
C’est donc en référence à des chemins déjà tout tracés autant qu’en cherchant de nouveaux itinéraires (et cela peut revêtir différentes significations), que nous, qui venons après tout ce qu’il a été possible de faire ou presque, trouverons notre propre forme d’accomplissement (déjà comme une profonde satisfaction au niveau individuel), approfondirons notre regard dans son rapport au monde à travers les nouvelles voies que nous explorerons .
Trouver de nouvelles voies, voilà un challenge dans lequel un artiste un tant soit peu aventurier peut s’engager, qui commence à la porte même de son atelier et y retourne inéluctablement comme un cycle qui doit s’accomplir, que son voyage lui fasse découvrir son quartier ou l’autre bout du monde .
Car c’est bien d’art qu’il s’agit : une quête, une nécessité, un accomplissement, dans lequel comme pour tout engagement créatif, le questionnement épousera la multiplicité des personnalités qui s’y confronteront .
Alors le trait jouxtera la surface, l’ombre et la lumière s’imprègneront de couleur, l’écriture apportera au collage la sémantique de sa mémoire, pour qu’échappe à l’amoindrissement le regard de celui qui voit le monde, le rencontre, en porte témoignage, et en fasse un acte de vie éternisé aussi, autant que peut l’être toute autre affirmation plastique ou produit de l’esprit, c’est-à-dire élargissement d’une expérience qui relève de la « vision » .
Alain MARC